L'Indian Shuffle

Cathy White Eagle  ApHC News Juin 1978      Walkaloosa  iAPP

Appaloosa News de juin 1978


Certains pensent que l'"Indian Shuffle" est comme ses taches et ses sabots rayés une caractéristique originelle de l'Appaloosa. D'autres n'en ont jamais entendu parler.  L'Indian Suffle serait-il  un cadavre dans le placard de l'Appaloosa ou un atout précieux de l'espèce ?
L'indian Shuffle, comme l'amble est une allure latérale : le cheval déplace ensemble les jambes d'un même côté. Dans le Shuffle, l'allure est cassée, chaque sabot frappe le sol une fraction de seconde avant l'autre,  ce qui donne un battement à 4 temps comme dans la marche. Cette allure est quelque fois appelée "marche en courant", mais la marche comme le trot est un déplacement diagonal. Le Shuffle, comme son nom l'indique (littéralement : démarche traînante), n'a pas beaucoup d'élévation. Le cheval se déplace avec un mouvement roulant des épaules et des hanches qui absorbé par le dos et les reins donne au cavalier un confort souple et glissant, et aussi, parce que le pas est cassé, il n'y a pas la sensation de roulis de l'amble.
Les Espagnols ont été les premiers à amener des chevaux aux Amériques. Parmi ceux-ci, il y en avait beaucoup appelés "paso fino" ce qui signifie allure souple. Ces chevaux n'étaient pas une race, mais étaient prisés pour leur amble cassé qui obligeait tout autre cheval au trop ou galop de chasse pour maintenir l'allure.
Ces chevaux sont encore estimés par les descendants espagnols chez qui un élevage sélectif pour cette démarche a été maintenu pendant des centaines d'années. Vous pouvez reconnaître les noms  : Paso Fino, Paso Péruvien et Paso Colombien. Tous sont maintenant de véritables races descendant du cheval à l'allure agréable, amené aux Amériques par les Espagnols.
Qu'est-il advenu des paso fino en Amérique du Nord ?  Les Espagnols  installés au Nouveau Mexique ont pris des Indiens Pueblos pour travailler comme des serfs aux travaux de la ferme et aux soins des  nombreux chevaux qu'ils utilisaient pour garder leur bétail.
Les Indiens ont appris des Espagnols comment s'occuper des chevaux et, bien que cela leur ait été interdit, ils ont aussi appris à  monter. Parfois un garçon d'écurie s'enfuyait avec un cheval dont il avait la charge ou  les Indiens de plaines capturaient des serfs fugitifs et négociaient avec les Espagnols pour les chevaux. Mais les Indiens ont acquis beaucoup de leurs chevaux  lors de la révolte des Pueblos de 1680.
Sous la direction de Pope, un sorcier évincé,  les Indiens du Nouveau Mexique se sont soulevés, tuant prés de 400 Espagnols. Les Espagnols survivants ont fuit, laissant derrière eux leurs installations et leurs troupeaux de chevaux. Les Indiens des Pueblos devinrent des éleveurs de moutons, et vendirent la plupart des chevaux aux Indiens des plaines chasseurs de bisons. Progressivement les chevaux ont gagné du terrain vers le nord jusqu'à ce qu'on les retrouve chez les Nez Percés et d'autres tribus. Très vite les Nez Percés ont appris à reconnaître  un bon cheval et dans le même temps se mirent à pratiquer un élevage sélectif. Beaucoup de leurs chevaux étaient tâchés et beaucoup avaient la démarche souple et endurante si prisée des Espagnols. On ne sait pas si les Nez Percés sélectionnaient spécifiquement pour l'allure. On sait qu'ils aimaient les chevaux qui se déplaçaient bien et montaient avec un "quirt" pour pousser leurs chevaux à prendre l'allure du shuffle. On dit aussi qu'ils aimaient le shuffle, pare cela leur permettait de transporter  rapidement leur équipement sans secouer leurs affaires.
Le cheval Nez Percé est devenu par la suite le cheval de propriétaires de ranch qui, remarquant sa démarche spéciale l'ont appelée "Indian Shuffle". On raconte que les cow-boys étaient prêts à payer 50 dollars de plus pour un cheval qui avait cette allure, cela lui économisait beaucoup de fatigue comme pour l'Indien et l'Espagnol avant lui.
Robert L Peckinpah  dans "Appaloosa Heritage," dit : " Les  rudes cow-boys sont aujourd'hui unanimes pour louer dans ce cheval coloré le défaut d'allure  couvrant du chemin. Ils font vite remarquer que ce déplacement naturel, l'Indian shuffle, cette marche en courant apparemment  sans fatigue est une caractéristique de quelques-uns de ces animaux  aux jambes bien faites."
Quand le registre de la race fut fondé en 1938 par Claude Thompson et le Dr Francis Haines, beaucoup des chevaux fondations avaient cette allure, comme leurs ancêtres auparavant. On raconte que Gene Autry avait l'habitude de montrer cette allure avec son appaloosa El Morroco F-18, en plaçant un verre d'eau sur la corne  de sa selle de roping et en courant à pleine vitesse sans qu'une goutte ne se renverse.
Pour les éleveurs, il y a une plus grande probabilité d'avoir un pourcentage de shuffle dans son troupeau en restant au plus près de la réserve de fondation. Les plus grandes chances se trouvent dans les croisements appaloosa X appaloosa.
L'amble paraît  être à 100 pour cent héréditaire. Cela semble être un trait dominant dans les croisements appaloosa X appaloosa.  Par contre dans les croisements avec les autres races, l'allure disparaît rapidement. En fait,  les années passant, il devient de plus en plus difficile de trouver de l'Indian shuffle, et beaucoup d'éleveurs n'en ont jamais entendu parler. Le shuffle aurait-il été perdu par l'Appaloosa ?
Peut être non,  de nombreux éleveurs trouvant cette allure très confortable, l'encouragent dans leur élevage. Dans l'Ohio, un homme, Don Ulrich, sélectionne  réellement dans ce but. Il a fait le choix difficile de rassembler  à travers les Etats Unis des appaloosas ayant cette allure pour son programme d'élevage. Ulrich envisage de produire un cheval avec le shuffle pour l'endurance et les longues distances et il a eu des réactions très intéressantes à sa recherche. Un éleveur a suggéré d'envoyer de tels chevaux à l'abattoir alors que d'autres  y compris ceux qui ont monté ses chevaux, sont très enthousiastes.
Sur les terrains de show, le shuffle n'est pas un atout.  Un cheval qui dévie du pas, du trop et du galop est disqualifié.
Bien qu'un cheval  qui shuffle puisse trotter, il aura tendance à se mettre au shuffle sous la selle. Les éleveurs qui visent "la cocarde bleue" ne garderont pas un shuffleur longtemps.
Que va devenir le shuffle?
Actuellement il n'est pas admis sur les terrains de show. Un jour peut être, il pourrait être accepté dans les classes en costume où l'on tente d'être authentique avec les traditions Nez Percé. Aujourd'hui il semblerait que cette allure soit destinée aux passionnés de l'endurance et du loisir. Le shuffle exige un minimum d'effort de la part du cheval et les cavaliers disent que c'est une démarche parfaite en terrain accidenté.
Un défaut ou une qualité ? C'est à vous de juger. Toute personne qui s'intéresse à l'Appaloosa doit savoir ce qu'est l'Indian shuffle. En tant que partie de l'histoire américaine, le shuffle peut procurer  aujourd'hui beaucoup de plaisir aux  passionnés de l'Appaloosa.

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